Tout d’abord, je vous souhaite une merveilleuse année 2026. Que cette année soit remplie de santé, de bonheur, de réussite et de paix pour vous et vos familles.
Comme d’accoutumé, le nouvel an commence avec plein de promesses, d’objectifs, d’enthousiasme, d’espoir et de résolutions. Débuter c’est bien mais finir c’est encore mieux.
D’après un article d’InsideOut Mastery publié en 2024) :
- Seulement 9 % des personnes parviennent à tenir leurs résolutions du Nouvel An.
- 23 % abandonnent dès la première semaine, 64 % avant la fin du premier mois.
- Strava, une application de course à pied et de cyclisme, qui a analysé des données de plus de 30 millions d’utilisateurs, a désigné le deuxième vendredi de janvier comme le Quitter’s Day « le jour des abandonneurs », car c’est le jour où la plupart des gens renoncent à leurs objectifs.
- 43 % des personnes finissent par abandonner leurs objectifs d’ici février.Le Substack de Abib is a reader-supported publication. To receive new posts and support my work, consider becoming a free or paid subscriber.
Comment expliquer ces tendances ?
Les résolutions s’évanouissent avec le temps. Ce phénomène n’est pas un mystère moral : il est humain, cognitif, pratique. L’être humain n’est pas honnête avec soi-même. Nous essayons tous de nous évader tout le temps de nous-mêmes. Au lieu de se comprendre et d’affronter le monde sur la base d’une fondation solide, nous commençons souvent par confronter le monde et ses facteurs en espérant qu’il nous ramène un jour vers nous-mêmes. Et quand vient la fatigue, nous confondons échec de méthode avec défaillance personnelle.
Pour être honnête, Chacun d’entre nous connaît ses points forts, ses points faibles, sensibles et pistes de progrès. Nous savons tous ce qu’il faut faire pour changer nos vies. Comme disait Richard Feynman, ‘’Vous êtes vous-mêmes la personne la plus facile à duper’’.
Vous avez beau lire des livres, escalader une montagne, changer de pays, faire de la thérapie, faire de la méditation. Au fond de vous, vous savez quoi faire. Et vous savez que vous pouvez faire mieux ?Alors la vraie question est : pourquoi vous ne faites pas ce que vous devez faire ?
Explorons quelques pistes et éléments de réponse à cette question.
1. Manque de motivation
Le scientifique Roy Baumeister a démontré que notre volonté est une denrée qui s’amenuise au fil du temps grâce aux analyses du cortex préfrontal, partie de notre cerveau responsable de la prise de décision et de la volonté. Autrement dit, la volonté ne suffit pas toute seule pour nous maintenir motivés. Elle est comme une batterie, plus elle est utilisée, plus elle se décharge. Au nouvel an, notre optimisme et espoir d’un avenir meilleur chargent à plein cette batterie de la volonté, qui malheureusement meurt à petit feu souvent par le confort des nos habitudes et la familiarité de nos circonstances. Il a appelé ce phénomène l’épuisement de l’égo.
2. Défaut d’habitude
Une habitude : c’est quand l’action est tellement ancrée dans le cerveau que ça devient automatique. Vous n’avez pas besoin de réfléchir pour brosser vos dents, lacer vos chaussures par exemple.
Inversement, si vous démarrez une nouvelle tâche ou activité que votre cerveau n’a pas l’habitude de faire, il sera obligé de mouliner et de computer pour générer un certain effort et une nouvelle connexion. Cette phase est ce qu’on appelle la phase de développement d’une nouvelle habitude. Autrement dit : la phase d’apprentissage.
Wendy Wood, une professeure émérite spécialisée en psychologie et développement des habitudes, a démontré en 2002 que 40% de nos actions quotidiennes se font en mode automatique. Selon ses études, il faut, en moyenne, 21 jours pour développer une habitude dite de tâches simples et jusqu’à plus de 250 jours pour les tâches complexes.
Donc, je comprends que la phase dé débutant dans toute chose soit une phase difficile. Ce n’est pas facile de gérer à la fois la frustration de ne pas savoir et la motivation de continuer surtout quand la tâche est compliquée. Croyez-moi j’en connais quelque chose. ça fait 3 ans que je pratique du JJB et pourtant je suis toujours ceinture blanche et je me fais souvent guillotiné par mes partenaires. En tout cas, une chose est sûre, je m’éclate bien tous les jours à l’entraînement.
C’est quoi mon secret ? J’ai tout simplement accepté, depuis le début, que pour être un expert dans quoi que ce soit, il faut commencer quelque part. Il faut en moyenne 10 ans pour être ceinture noire en JJB. Par conséquent, je me suis dit : Sois une éponge, accepte d’être nul pendant 3 ans, apprends le maximum possible et laisse ton égo de côté. J’avoue que y a des jours ou j’ai vraiment envie de porter mon ego avec moi sur le tatami mais la vie a de drôles manières de nous rappeler notre place dans la hiérarchie.
Morale de l’histoire, une nouvelle habitude se développe avec patience, humilité, acceptance et une soif inébranlable d’apprendre.
3. Je ne sais pas par où commencer : L’indécision
L’indécision peut se manifester de plusieurs manières :
A. Je ne sais pas quoi faire ?
Comme dit auparavant, vous savez exactement quoi faire. Arrêtez de vous leurrer. Le temps passé à méditer sur ce qu’il faut faire vous aurait déjà propulsé dans une autre dimension si vous aviez décidé tout simplement de faire quelque chose. Vous me direz mais quoi exactement ?
Voici une proposition : Dieu, Mission, Famille ! Idéalement les 3 à la fois. Au pire, en choisir au moins un pour donner du sens à ta vie.
- Dieu : prière, gratitude, alignement intérieur (ce qui élève).
- Mission : problème à résoudre, valeur à délivrer (ce qui sert).
- Famille : présence, attention, responsabilité (ce qui relie).
Un sens triangulé stabilise la motivation et dompte l’ego.
Il est prouvé scientifiquement que plus vous passez du temps à s’apitoyer sur votre sort et à penser uniquement à vous -mêmes, plus vous serez malheureux, anxieux et déprimé. Si vous vous sentez seul, donnez à l’autre ce que vous auriez aimé qu’on vous donne. Appelez un ami et demandez lui des nouvelles. Vous êtes perdus, priez et demandez de l’aide à Dieu. Vous pensez que cette vie n’en vaut pas la peine, pensez à votre famille. Vous vous ennuyez, choisissez un problème à résoudre.
B. Je ne sais pas si je dois continuer ou pas
Alors, imaginez vous avez la volonté, développé l’habitude nécessaire et décidé de prendre votre vie en main, Alors, quelle est la suite logique ? Le résultat doit tomber à floraison n’est ce pas ?
Tel n’est pas le cas, la courbe de la réussite n’est pas linéaire. Faut s’attendre à ce que ça soit très zigzagué et ramifié à moins que vous soyez l’une des personnes chanceuses qui réussissent à la première tentative et qui se trouvent au bon moment et au bon endroit.
Et croyez moi, vous voulez plutôt avoir de l’expérience et de la compétence avec une bonne dose de chance. La chance sans aucune expérience ne vous amène pas loin. Demandez aux gagnants des loteries et vous verrez !
Que faire si vous faites de votre mieux et malgré tout les résultats ne suivent pas ? Je pense que les deux concepts suivants peuvent aider pour décider si vous devez continuer ou pas ?
Le biais des coûts irrécupérables (sunk cost Fallacy)
Les économistes et les scientifiques du comportement utilisent particulièrement ce terme pour décrire la justification d’un investissement accru d’argent, de temps, d’efforts, etc. dans une décision, basée sur l’investissement préalable cumulatif « coût irrécupérable », malgré des preuves suggérant que le coût de la poursuite de la décision l’emporte sur l’avantage attendu.
En d’autres termes, il va nous arriver tous un moment dans notre vie où quelque soit la décision prise, il y aura pas d’issue favorable. Pourquoi ? parce que l’engagement initial devient une prison.
Par exemple, imaginez vous avez entamé la construction de votre maison dans une zone qui est révélée être non aedificandi où la nappe phréatique est très proche. Sachant que vous avez déjà investi et dépensé une certaine somme, peut être, à la place de renoncer, vous préférez investir encore plus pour solidifier la fondation et renforcer l’étanchéité pour éviter l’effondrement du bâtiment; Ces coûts sont irrécupérables (sunk cost) et ne vous garantissent pas non plus que le bâtiment ne serait pas impacté en cas de pluie. Malgré tous vos efforts et l’argent dépensé, les deux circonstances ne génèrent pas le résultat attendu.
Un autre exemple, si vous avez achetez un véhicule à 9000 € qui est tombé en panne juste quelques jours après et là ça fait des mois que vous dépensez pour réparer et changer des pièces en espérant qu’un jour il sera nickel. L’objectif d’avoir un véhicule (l’engagement initial) est devenu une farce (une prison). Vous avez déjà payé et vous n’avez pas obtenu le résultat voulu et le fait de continuer de payer en espérant que la situation va se régler ne vous fait que perdre plus d’argent et ne vous garantit pas non l’atteinte de l’objectif de départ.
Cet exemple est arrivé concrètement à mon père et il a dû revendre un véhicule sur lequel il a déjà dépensé plus de 20 000 € et qu’il a dû revendre après à 5000 € . Parfois, l’amputation est la meilleure manière de se débarrasser d’une infection.
Ce biais peut être expliqué sous plusieurs angles et il est une version raffinée de l’escalade d’engagement appelé aussi biais d’engagement ou biais de conviction qui décrit un certain type de comportement humain précisément quand un groupe où un individu continue de prendre des décisions allant dans le sens d’une décision initiale, et ce, même si cette décision initiale a conduit à un échec. Par ce biais cognitif, l’acteur maintient des comportements irrationnels qui s’alignent sur les décisions et actions précédentes.
Par exemple : L’un des premiers exemples d’escalade d’engagement a été décrit par George Ball, qui a écrit au président Lyndon Johnson pour lui expliquer les prédictions de l’issue de la guerre du Viêt Nam : « La décision à laquelle vous faites face maintenant est cruciale. Une fois qu’un grand nombre de troupes américaines seront engagées dans le combat direct, elles commenceront à subir de lourdes pertes dans une guerre qu’elles ne sont pas en mesure de mener dans une campagne non coopérative sinon carrément hostile. Une fois que nous aurons subi de lourdes pertes, nous aurons entamé un processus presque irréversible. Notre participation sera si grande que nous ne pourrons pas, sans humiliation nationale, atteindre nos objectifs complets. Des deux possibilités, je pense que l’humiliation serait plus probable que la réalisation de nos objectifs – même après que nous avons payé des coûts terribles. »
En effet, on peut déduire que les ressources ne garantissent pas nécessairement les résultats attendus. Que faire quand l’investissement et l’engagement sont déjà faits et nous ne sommes pas sûrs que nous allons y arriver au bout.
La seule vraie question à se poser dans ce cas-ci est : est-ce que le sacrifice en vaut la peine ? Est ce que vous seriez d’accord et en paix avec vous même si vous perdez à la fois votre temps, effort et argent ?
Quand la réponse est non, le courage n’est pas de durer, mais de renoncer. Pour les Etats-Unis d’Amérique, ni les grosses pertes de soldats ni l’humiliation engendrée valaient le sacrifice de continuer. Pourtant, les deux craintes se sont réalisées.
Le paradoxe de la région Béta
C’est un concept qui stipule que les situations très traumatisantes sont meilleures pour notre développement personnel que les situations moins traumatisantes. En d’autres termes, l’être humain a la propension de rester dans une zone légèrement inconfortable et de ne pas agir jusqu’à ce que la situation se dégrade et s’empire complètement ; le poussant ainsi à prendre une décision immédiate et d’agir sur le coup.
Par exemple, beaucoup décident de nettoyer complètement leur maison quand le désordre devient intolérable alors qu’ils auraient pu le faire plutôt quand le désordre était gérable et facile à arranger.
Beaucoup de fumeurs décident d’arrêter complètement quand ils sont confrontés à une maladie mortelle alors qu’ils avaient des signes avant-coureurs et malgré tout ils ont continué de fumer. Encore une fois, c’est une tendance humaine de rester dans un léger inconfort et de n’agir (ou de prendre une décision) que lorsque la situation devient extrêmement inconfortable, voire carrément douloureuse.
La région bêta est tout simplement notre seuil critique qui déclenche en nous une réaction immédiate, parce que le coût de ne rien faire en cet instant précis serait trop cher. Imaginez que nous soyons coincés dans un emploi. Ce n’est pas le meilleur, mais il est bien rémunéré. Le patron nous critique sans cesse, mais c’est supportable. Cependant, il n’y a aucune perspective d’évolution et nous avons le sentiment de ne pas être valorisé du tout. C’est un exemple typique de ce qu’est un blocage dans la zone bêta. Si notre situation était un peu plus grave, cela nous inciterait à agir pour améliorer notre condition. Cela nous pousserait à décider de la suite à donner à notre travail.
Ce paradoxe a été observé dans les effets psychologiques de l’exposition à des attentats terroristes. Il est probablement lié à l’activation de mécanismes d’adaptation, à la dissonance cognitive et à d’autres formes de mobilisation mentale et l’explication avancée est que les états intenses déclenchent des mécanismes de défense psychologiques qui atténuent la détresse, tandis que les états moins intenses ne déclenchent pas les mêmes mécanismes et, par conséquent, l’atténuation du stress est moins efficace.
En résumé, si vous êtes dans la région Bêta, soit vous attendez que la situation devienne complètement ingérable pour réagir sur le coup, soit vous apprenez à tolérer votre complaisance ; ce qui est une recette garantie pour une vie misérable, soit vous prenez votre courage en deux mains et viser l’excellence.
La sagesse consiste à anticiper : agir avant la crise, nettoyer avant le chaos, corriger avant la rupture.
C. Je ne sais pas si je vais y arriver
L’indécision — ce mélange de doute et de peur :
- Doute = projection d’un futur incertain, nourrie par un manque d’informations et/ou une intuition confuse.
- Peur = réflexe de survie face à l’inconnu ; elle veut nous protéger, mais peut nous paralyser.
Le doute — comment l’apprivoiser ? Le doute n’est pas un ennemi ; c’est un signal. Il nous demande d’augmenter notre information (ce qui est mesurable) et d’écouter notre intuition (ce qui est sensible). Quand l’information atteint ses limites, l’intuition prend le relais. L’intuition n’est pas l’opposé de la raison ; elle est sa conclusion humaine. On n’y délègue pas : on s’y écoute.
Deux balises utiles :
- Rapport Risque/Récompense : la vie n’offre jamais le risque zéro. Elle offre la maîtrise. Plus on sait, mieux on prépare ; plus on prépare, moins la peur gouverne.
- Loi de l’effort différencié (type 80/20) : 20% d’actions bien choisies font 80% du résultat. Choisir les bonnes batailles et les bons leviers réduit le doute et oriente l’effort.
La peur — comment la transformer ? La peur s’atténue par préparation + esprit pratique. La préparation rend l’inconnu moins opaque ; la pratique rend le risque plus gérable. Affronter ne signifie pas se jeter au danger ; cela signifie entrer en relation avec le réel, étape par étape, jusqu’à ce que la compétence remplace la frayeur. Comme les soldats : la peur existe, mais l’entraînement lui trace un passage.
Conclusion
Le monde n’attend pas vos intentions : il attend vos actions. La motivation vous démarre ; l’ habitude vous porte. Le doute vous questionne ; l’information et l’intuition vous répondent. La peur vous arrête ; la préparation vous relance. L’ego veut briller ; la mission veut servir.
Vous ne manquez ni de temps ni de potentiel. Vous avez besoin de structure, de sens, et d’un premier pas — aujourd’hui. Même si la décision se révèle imparfaite, elle vous offre ce que l’hésitation refuse : l’expérience, cette lumière qui grandit à chaque traversée.
Commencez. Continuez. Ajustez. Persistez. Vous n’êtes pas en retard : vous êtes en chemin. Souvenez vous : « L’indécision est l’ennemie du progrès. Ne pas dire oui à une possibilité, c’est dire non à tout.
Qu’en pensez-vous ?
